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		<title>myDylarama</title>
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		<title>Notre jour viendra (Our day will come)</title>
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		<dc:creator>Kattarsis</dc:creator>


		<dc:subject>Drama</dc:subject>
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		<dc:subject>French film</dc:subject>

		<description>Une histoire de roux

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 <content:encoded>&lt;img src='https://mydylarama.org.uk/local/cache-vignettes/L150xH135/arton48-96e0d.png?1773233590' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='135' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;{{}}Currently showing at the Edinburgh Film Festival (2011)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La sortie en salles du premier long-m&#233;trage de Romain Gavras, &lt;i&gt;Notre jour viendra&lt;/i&gt;, n'a eu d'autre &#233;cho dans la presse qu'un silence g&#234;n&#233;. Peu de critiques attitr&#233;s lui ont consacr&#233; plus de deux ou trois paragraphes, pr&#233;f&#233;rant laisser la parole au r&#233;alisateur, apr&#232;s avoir pris soin d'avertir que, bien entendu, il n'avait rien &#224; dire. Car c'est une v&#233;rit&#233; universellement reconnue qu'une histoire sans queue ni t&#234;te, des r&#233;pliques arbitraires en lieu et place de v&#233;ritables dialogues, des sc&#232;nes de violence forc&#233;ment gratuites, des personnages auxquels on ne peut m&#234;me pas s'identifier, tout cela n'a rien &#224; nous dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De quoi s'agit-il dans ce film ? De l'histoire de deux hommes roux qui se rencontrent par hasard, un psychanalyste prenant sous son aile un jeune qui vient de fuguer apr&#232;s avoir frapp&#233; sa m&#232;re. Ils se liguent dans une &#233;chapp&#233;e en voiture, m&#233;prisant, insultant, frappant et allant jusqu'&#224; tuer ceux qu'ils trouvent sur leur passage. Eux-m&#234;mes ne savent pas trop o&#249; ils vont, R&#233;my, le jeune, tentant d'imposer &#224; Patrick, le psychanalyste, une fuite en Irlande o&#249;, pense-t-il, ils seront chez eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un &lt;i&gt;topos&lt;/i&gt; du cin&#233;ma fran&#231;ais, apr&#232;s tout. Mais l'originalit&#233; du film n'est pas dans le r&#233;sum&#233; des faits montr&#233;s &#224; l'&#233;cran. Ce film nous parle de quelque chose de tr&#232;s pr&#233;cis, et c'est ce qui autorise &#224; penser que le silence qu'il suscite est bel et bien un silence g&#234;n&#233;. Le film montre l'humiliation. Et il ne la traite ni comme une mati&#232;re &#224; esth&#233;tiser (ce que ferait n'importe quel film am&#233;ricain), ni comme l'occasion d'une r&#233;flexion d&#233;sincarn&#233;e et intemporelle (comme la plupart des films fran&#231;ais), mais, somme toute, comme un sujet d'actualit&#233;. Avant de nous dire quoi que ce soit, Romain Gavras nous montre l'humiliation produite aujourd'hui m&#234;me, et il nous la montre telle qu'elle peut &#234;tre v&#233;cue dans des corps et des esprits meurtris. Il nous montre ce que, sans le cin&#233;ma, nous ne saurions voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On s'empresse alors de qualifier le film de &#171; nihiliste &#187;. C'est le meilleur moyen de ne pas voir ce qu'il montre. Mais surtout cela t&#233;moigne d'une double tendance croissante de notre &#233;poque vis-&#224;-vis de sa production artistique : l'incompr&#233;hension de la fiction, et l'inattention au contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On ne comprend plus la fiction. Tout se passe comme si ce qui est montr&#233; = ce qui est dit. Je vois un personnage en frapper un autre = on me dit que je dois frapper mon voisin. Et tout effet de distanciation ne peut plus &#234;tre lu que comme un &#171; bug &#187; : ce n'est pas normal, le personnage ne peut pas faire &#231;a, il est trop invraisemblable. Le film de Romain Gavras cherche pr&#233;cis&#233;ment &#224; mettre en d&#233;faut cette incompr&#233;hension, &#224; la pousser justement l&#224; o&#249; elle ne sera plus tenable. Qualifier son film de nihiliste, c'est se figurer qu'un jour, un r&#233;alisateur s'est propos&#233; de faire un film conseillant &#224; tout un chacun, ou aux roux en particulier, de se masturber dans un jacuzzi, si possible en pr&#233;sence d'une femme handicap&#233;e &#233;videmment pas du tout consentante... Les critiques ont l'imagination de ceux qui ne veulent voir &lt;i&gt;&#224; aucun prix&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt; D'o&#249; l'inattention au contenu. &lt;i&gt;Notre jour viendra&lt;/i&gt; n'est pas un film cr&#233;pusculaire. Il ne nous raconte pas la chevauch&#233;e d&#233;sesp&#233;r&#233;e de deux &#234;tres &#233;tranges et depuis toujours marginaux, il ne nous raconte pas non plus le destin d'une soci&#233;t&#233; enferm&#233;e dans la haine et la violence &#8211; &#224; l'&#233;cran, pas un soleil couchant. Mais il montre d'abord la nuit, dernier terrain pour une vivacit&#233; trop r&#233;prim&#233;e quand r&#232;gne le regard d'autrui, et il montre la lumi&#232;re du matin, bl&#234;me &#233;clairage dans lequel les plages ressemblent &#224; un vaste d&#233;potoir. Cette alternance rythme tr&#232;s rigoureusement le film du d&#233;but &#224; la fin, de l'humiliation v&#233;cue poussant &#224; fuir dans la nuit seul refuge, &#224; l'humiliation vaincue par ceux qui ont su larguer les amarres &#8211; pour de vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais au fait, pourquoi ce film serait &#171; nihiliste &#187; ? Visiblement, parce que tous les personnages secondaires sont raill&#233;s, insult&#233;s, et &#224; leur tour humili&#233;s par les deux personnes principaux. Ce qui se joue dans ces sc&#232;nes, ce n'est pas une d&#233;nonciation comme telle. Comment celle-ci pourrait s&#233;rieusement prendre appui sur un personnage, Remy, qui ne comprend pas grand chose &#224; ce qui lui arrive, et un autre, Patrick, qui se montre d&#232;s le d&#233;but incapable d'apporter quelque solution que ce soit aux gens qui viennent le consulter pr&#233;cis&#233;ment pour aller mieux ? Aussi les deux personnages ne s'en prennent pas aux Arabes, aux Juifs, aux jeunes, etc. par racisme ou misanthropie. L&#224; encore le fonctionnement des diff&#233;rentes s&#233;quences le montre assez clairement : ce qui est en cause est l'&#233;gale pr&#233;visibilit&#233; de tous les personnages rencontr&#233;s. Car il y a bien un coup de force op&#233;r&#233; dans la structure m&#234;me du film : nous voyons les deux personnages mettre eux-m&#234;mes en sc&#232;ne les diff&#233;rents protagonistes, pr&#233;voir leurs r&#233;actions, se r&#233;partir les r&#244;les, bref construire le scenario d'une bonne partie du film, et quand celui-ci se r&#233;alise sous nos yeux, nous obtenons un film &lt;i&gt;parfaitement r&#233;aliste&lt;/i&gt;. Pour une raison pr&#233;cise : ce que les deux protagonistes anticipent, nous l'anticipons &#233;galement (la brutalit&#233; des piliers du bar-tabac, la r&#233;action du marchand de voitures, la fausse assurance des jeunes), parce que fondamentalement, toutes ces r&#233;actions sont &lt;i&gt;nos&lt;/i&gt; r&#233;actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Et en fin de compte, il y a bien un nihilisme pesant dans ce film. Simplement, il n'est pas d&#233;fendu, il est exhib&#233;. C'est celui de tous ceux qui font comme si de rien n'&#233;tait. Ceux qui croient trouver une solution d&#233;finitive, en faisant des enfants (la femme qui consulte Patrick), en vendant des voitures, ou en &#233;crivant des chansons insipides &#8211; avec pour seul mot d'ordre : ne bougeons pas, ne changeons rien. Et quand Patrick demande &#224; de jeunes anglaises, certes bien cyniquement, s'il est vrai que &#171; &lt;i&gt;girls, they just want to have fun&lt;/i&gt; &#187;, ce n'est pas lui qui donne l'affirmative, dans un piaillement &#224; peine articul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bref, pour gu&#233;rir de soi-m&#234;me, il vaut mieux &#233;crire son propre r&#244;le, sinon l'&#233;poque en a de tous pr&#234;ts pour nous. Mais &#224; voir ce film, nul doute qu'elle ne nous r&#233;serve une vraie histoire de roux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dir : Romain Gavras, 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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